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16 septembre - 22 octobre 2016
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BILLETERIE


Le temps s’était arrêté pendant quarante ans dans la pénombre de l’entrepôt familial. Aujourd’hui, les œuvres retrouvées de l’artiste français MANHU (Manuel Volanis) reprennent vie à la lumière de La Fab. Cet hommage a été rendu possible grâce à la l’engagement passionné et à la confiance de sa sœur Ariane, de Sylvain Pelly son époux, et de sa fille Lili Ullmann, que nous remercions chaleureusement.
Né à Paris en 1961 et disparu prématurément en 2007, ce peintre avant-garde a laissé derrière lui un ensemble d’œuvres d’une énergie picturale éclatante. Son travail jaillit des veines du Street Art et de la Figuration Libre – un mouvement revendiquant le droit de puiser dans toutes les formes d’inspiration sans aucune hiérarchisation. Sur la toile s’entrechoquent une explosion de couleurs et des gestes cinglants ; un rythme brut dont la puissance donne naissance à des formes exaltantes, véritable empreinte de MANHU.
MANHU fut membre du collectif Les frères Ripoulin, un mouvement majeur de la scène artistique alternative des années 1980, dont le nom est inspiré de l’association de la marque de peinture Ripolin et du terme ripou issu d’un mot argotique en Verlan. À l’origine, l’affiche Ripolin, conçue en 1898 par l’affichiste Eugène Vavasseur, mettait en scène trois bonhommes se peignant le dos, l’un à la suite de l’autre, créant une situation comique. Le médium ayant marqué le collectif : à leur tour, ils créaient des affiches qu’ils collaient directement sur les murs.
En 1987, à l’occasion d’une exposition consacrée aux frères Ripoulin à la Galerie du Jour, agnès b. affirmait ceci :
« Parce que je les aime ! Je pense que chacun a sa raison d’être dans le groupe et enrichit les autres par sa présence, travaillant tous dans une direction très personnelle. »
Fort de ces liens historiques indéfectibles, nous vous proposons aujourd’hui une redécouverte de ces œuvres, en écho à l’histoire de la Galerie du Jour et grâce au précieux soutien du fonds de dotation agnès b.
Pour l’occasion, Ariane a prêté ses mots pour évoquer le travail de son frère :
« Sa peinture se distingue par une virtuosité chromatique créant des espaces dynamiques d’une étonnante profondeur. À travers une haute technicité acrylique et des couleurs intenses, elle interroge le corps, la transformation et la vitalité du monde contemporain, tout en offrant une expérience visuelle d’une émouvante complexité ; entre jaillissement et métamorphoses, ses tableaux proposent une plongée immersive dans un univers à la fois foisonnant et instinctif dont la puissance formelle, la narration et les couleurs nous touchent. »
Aujourd’hui, près de vingt ans après sa disparition, la famille Volanis et La Fab. se mobilisent pour faire resurgir ce travail singulier. L’exposition invite également à découvrir une sélection d’images d’œuvres préservées par sa fille Lili dans l’ancien atelier du peintre à Nuremberg, en Allemagne. Des trésors restés secrets qui ne demandent qu’à être mis au jour pour honorer, enfin, la mémoire de MANHU.